CHEMIN DE CROIX
CHEMIN DE VIE
CHEMIN DE CROIX
CHEMIN DE VIE
Au départ, il y a eu un chemin de croix réalisé par Matisse, je l’ai perçu comme une vision nouvelle, porteuse de messages et de vie. Quelques traits pour raconter les derniers moments de la vie du Christ, traité par un artiste de lumière et de joie avait forcément une connotation d’espoir, d’avenir.
L’idée a mûri. Il me fallait pour m’approprier ce travail une technique sobre, épurée. Ne pas tomber dans la caricature mais aller vers l’essentiel, être clair et à la portée de tous. Un chemin de vie que l’on comprenne et que l’on s’approprie. Retrouver dans ces dessins, les moments forts d’une existence. Ce n’est pas une histoire que j’ai voulu raconter mais plutôt un témoignage en parabole.
A travers ces 21 stations, j’ai cherché à faire apparaître différents états. Comme l’union autour d’une table, un moment de complicité, d’échange et de confiance ; admettre qu’autour de soi, tous ne partagent pas le même chemin, mais les respecter et essayer de les comprendre.
Puis la trahison de celui que l’on considère comme un frère. Ne pas juger, ne pas haïr. Accepter le destin de chacun.
Se retrouver jugé par les siens, incompris, condamné pour des fautes qu’ils estiment que l’on a commis.
L’humiliation, la souffrance qui s’en suit, morale et physique.
Le poids de nos idées sur notre dos, ce poids qui nous fait fléchir, qui nous met à terre. Une mère qui vient nous consoler, qui nous témoigne son amour. La vie se poursuit, pas plus facile. Un ami vient nous aider à porter nos douleurs. Et la rencontre avec les autres, ceux qui se souviennent, ceux qui ont besoin de nous. Cette femme qui est là pour essuyer notre sueur, tout cet amour qui émane de nous. On lui donne sans crainte puisqu’elle ose poser ses mains sur notre visage.
Et ce chemin nous sépare de ces êtres aimés. On nous dépouille, on nous expose dans une posture paralysante. La vague ne peut se creuser davantage. On doute, on a l’impression que seule la mort peut nous aider maintenant. Puis finalement la fureur des hommes se calme, ils ont eu leur lot de violences, leurs kilos de boucs émissaires. Ils nous oublient et nous retrouvons les mains, le cœur de ceux qui ont toujours été présents. A leur chaleur, la vie renaît, le souffle reprend. Nous retrouvons lentement la lumière, l’espoir, puis la joie de partager de nouveau notre vie avec celle des autres. On se réhabilite et on se remet à marcher. Et cette vie devient un chemin d’espoir pour les générations à venir.
Si ces quelques mots se retrouvent dans ces dessins, j’aurai touché mon but. Celui qui honore notre existence : assumer notre vie.
Ce travail fût encouragé et soutenu par le Père Michel Malvezin.
Les mains de Marie
Ces mains si douces, si pures, ces mains tendues vers le corps de son fils, son éternel amour. Ces mains que le Ciel à béni et que la terre attendait depuis toujours. Ces mains sont des mains d’éternité, de l’union parfaite à Dieu, ces mains qui se sont posées, qui ont caressé, qui ont soutenu le corps d’un Fils, un époux. Ces mains qui reçurent les baisés de notre Christ sont les mains d’une femme, les mains de Marie, notre Mère, notre Reine, notre Eve nouvelle.
Ces mains que de toute éternité j’espère, je prie, j’ose croire qu’un jour, celui qui sera Le Jour, mes mains puissent serrer comme on serre son trésor.
Cette peau si douce et si fragile s’est posée sur le corps nu de Jésus nouveau né. Cette même peau, d’où jaillit des sanglots le soir de La Passion où son fils, son éternel amour, fût descendu de la croix où nous l’avons crucifié. C’est mains ont essuyé le sang de Dieu.
Les mains de Marie sont les mains de l’humanité offerte à Dieu. Ce sont les mains qui nous montrent le chemin, qui nous conduisent à son fils.
Je voudrais devenir ces mains, d’amour et de patience, d’oubli de soi, d’abandon à Dieu. Toutes tendues vers ce jeune enfant qui apprend à devenir un homme, puis tendues vers celui qui est devenu l’homme des douleurs, ces mains sur lesquelles ont coulé les sanglots d’une mère effondrée devant l’ignominie de cette scène.
Ce sont des mains qui respirent la sainteté. Les mains que chaque maman sur la terre à le droit d’espérer incarner.
Et moi, qui ne suis pas une femme, ce sont les mains que je rêve d’avoir, avec son cœur et son regard, sa tendresse et ses craintes.

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